Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Itinéraire d'une cinéphile

Bienvenue sur mon site de critiques de films et de séries en tous genres. Bonne visite !


We need to talk about Kevin

Publié par Coralie sur 22 Mai 2014, 20:24pm

Catégories : #Films - Drame

We need to talk about Kevin

Sortie : 28 septembre 2011

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Ames sensibles s'abstenir, "We need to talk about Kevin" est ce que j'ai ressenti comme étant un film d'horreur psychologique. On m'avait prévenu qu'il serait bouleversant, il l'a été, mais pas dans le bon sens du terme. En effet, ce film était tellement malsain et triste qu'il m'est impossible de dire que je l'ai aimé. Malgré tout, force est de constater que Tilda Swinton et Ezra Miller sont absolument parfaits dans leurs rôles respectifs.

"We need to talk about Kevin", adaptation du roman de Lionel Shriver paru en 2003, nous raconte la terrible histoire d'Eva (Tilda Swinton), une mère qui assiste impuissante au développement progressif de la personnalité psychopathe de son fils, Kevin (Eza Miller). Ce drame brise les codes puisqu'une, d'une part, l'angle de vue de la mère est rarement abordé et, d'autre part, parce qu'il fait voler en éclat la croyance populaire selon laquelle la mère d'un psychopathe est nécessairement fautive. Il s'agit donc d'une approche originale, bien plus effrayante que celles auxquelles nous sommes habitués.

En tant que spectateurs, on ne peut s'empêcher d'éprouver une grande empathie pour Eva. On remarque l'incroyable intelligence de Kevin car il se montre adorable avec son père, qui est donc aveuglé et ne croit pas un mot de ce que lui raconte sa femme. J'ai d'ailleurs été très surprise en assistant à l'inversion de cette situation : lors de la scène de la lecture, Kevin fait un câlin à sa mère et demande à son père de s'en aller. Malheureusement, ce regain soudain de gentillesse n'a été que de courte durée.

"We need to talk about Kevin" est un drame qui marque, bien sûr par son thème, mais aussi par son ambiance. Du début à la fin, règne une atmosphère pesante et malsaine. Le mal-être est visible dans les expressions faciales d'Eva (Tilda Swinton) mais aussi grâce à la façon de filmer. En effet, la réalisatrice, Lynne Ramsay, a choisi, à plusieurs reprises, d'effectuer des zooms sur des gestes de la vie courante, ce qui leur donne un second sens et les rend inquiétants, technique exploitée par exemple à la perfection dans le générique de "Dexter". Je pense notamment à la scène où Kevin mange son litchi, cela m'a plu.

A l'ambiance malsaine s'ajoute un suspense constant du à l'attente d'une scène d'horreur certaine. Celle-ci n'intervient qu'à la fin du film, et j'ai apprécié sa manière lente et presque artistique d'être filmée. Cependant, j'ai eu un peu de mal avec le choix de la réalisatrice en ce qui concerne la chronologie des images. Même si les va-et-vient dans le temps servent à entretenir l'angoisse, je trouve qu'ils ont compliqué la compréhension de l'histoire, notamment dans la première partie du film que j'ai trouvé légèrement ennuyante. Malgré tout, je respecte ce choix car c'est aussi lui qui fait que "We need to talk about Kevin" est si spécial.

Pour moi, le gros problème avec ce film est le message qu'il diffuse. Je m'explique. Si Eva avait fait des erreurs dans l'éducation de Kevin, le message du film aurait été "si vous ne voulez pas que votre enfant devienne un psychopathe, ne faites pas les mêmes erreurs qu'Eva". Or, le problème c'est qu'Eva n'a pas fait d'erreur ! Tout petit, Kevin était déjà diabolique. On remarque cela dans la scène où il joue au ballon avec sa mère. En fait, il semble qu'Eva ne pouvait rien contre la nature de son film, et c'est cela qui est horrible.

We need to talk about Kevin

A la fin du film, j'étais choquée, mal à l'aise, et profondément triste. Quel est le but d'un tel film si ce n'est nous montrer que si, par malchance, notre fils est un psychopathe, on ne pourra rien y faire et le pire arrivera forcément ? C'est l'inexistence de morale qui rend ce film si terrible. Ou alors faut-il creuser plus profond c'est-à-dire que, Kevin n'étant pas un enfant désiré, peut-être a-t-il toujours senti cela au fond de lui ? Ou bien devons-nous tirer de la scène du mini-golf que c'est la dureté et la froideur d'Eva qui ont transformé Kevin en ce monstre ? Vous l'aurez compris, ce film donne matière à réfléchir.

Plusieurs personnes m'ont dit que ce drame angoissant est "très bien car il fait réfléchir". Je ne suis pas d'accord car ce n'est pas parce qu'un film fait réfléchir qu'il est de bonne qualité. En l'occurrence, "We need to talk about Kevin" m'a énormément fait réfléchir mais je ne le conseille à personne.

J'aurais vraiment aimé une réponse plus poussée au "pourquoi" de toutes ces horreurs. La réponse donnée par Kevin, qui consiste à dire qu'il pensait savoir, mais maintenant qu'il n'est plus très sûr, ne m'a pas satisfaite.

Enfin, c'est un détail qui peut paraître insignifiant mais j'aurais espéré que la phrase "we need to talk about Kevin" soit prononcée, étant donné que c'est le titre du film.

Ma note : 13/20

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents