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Itinéraire d'une cinéphile

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Gran Torino

Publié par Coralie sur 21 Décembre 2014, 12:03pm

Catégories : #Films - Drame

Gran Torino

Sortie : 25 février 2009

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Quatre ans après le chef d'oeuvre "Million Dollar Baby", le maître Clint Eastwood nous dévoile sa nouvelle oeuvre, "Gran Torino". Celui-ci attire 3,4 millions de spectateurs français au cinéma, et devient ainsi son plus gros succès dans notre pays. Auréolé du César du meilleur film étranger, comme "Mystic River" et "Million Dollar Baby" avant lui, "Gran Torino" est un pur chef d'oeuvre. C'est encore une belle preuve que les films "de et avec Clint Eastwood" sont des bijoux inestimables à placer en tête de la filmographie dense de ce grand cinéaste.

Clint Eastwood incarne ici Walt Kowalski, un vétéran de la guerre de Corée qui vient de perdre sa femme. Désormais seul avec sa chienne Daisy, il s'aigrit un peu plus chaque jour, notamment vis-à-vis des Hmongs qui, chassés de leurs pays, peuplent désormais son voisinage. Avec sa grande taille et sa gueule des mauvais jours, Walt intimide. Il ne demande que deux choses : qu'on le laisse tranquille, et qu'on ne marche pas sur sa pelouse. Cette barrière psychologique, a priori infranchissable, qu'il s'est construite va s'abattre le jour où son jeune voisin Thao, forcé par un gang, va tenter de lui voler sa Ford Gran Torino. A partir de là, naîtra progressivement une relation émouvante dont le dénouement vous marquera pour longtemps. Il provoque ce sentiment de profonde tristesse et de grand gâchis, dont seul Clint Eastwood a le secret, qui nous avait tant ébranlés dans "Million Dollar Baby".

Gran Torino

"Gran Torino" est tout simplement magnifique. De bout en bout, il transpire la maîtrise. Alors qu'on reproche à tant de films leur lenteur, "Gran Torino" nous prouve que celle-ci n'est un défaut que lorsqu'on ne sait pas s'en servir. En l'occurrence, pendant une heure et quinze minutes, il n'y a quasiment pas d'intrigue, pas de rebondissement, mais cela n'est en rien gênant ! On suit avec plaisir la vie quotidienne de Walt Kowalski, on rit à tous les préjugés racistes qu'il débite à longueur de journée, et on savoure les discussions riches en réparties bien senties qu'il a avec ses amis. Il s'installe une grande proximité entre nous et ce personnage, si bien qu'on finit par le connaître mieux que sa propre famille.

Soudain, le film bascule et le sourire sur nos visages disparaît pour laisser place aux larmes, mais aussi à la colère. Cet excellent scénario, où chaque élément a sa place, fait de lui un très grand film. La ligne entre le grand film et le chef d'oeuvre est franchie lorsqu'on prend un peu de recul sur l'histoire et qu'on se rend compte que "Gran Torino" est riche en sujets de réflexion. La relation entre Walt et les Hmongs nous montre que le racisme est surtout basé sur l'ignorance des coutumes de l'autre car, à partir du moment où Walt apprend à les connaître, il les apprécie aussitôt. Cette morale implicite nous invite à l'ouverture vers les autres. Walt ouvre d'abord son esprit, puis leur ouvre sa porte, pour enfin leur ouvrir son coeur. En outre, on a évidemment en toile de fond le délicat retour des vétérans, thème cher aux cinéastes ("Les plus belles années de notre vie", "Rambo", "Brothers") et aux créateurs de séries ("Homeland"). Traumatisés à vie par les horreurs de la guerre, ces survivants vivent tant bien que mal, hantés par le souvenir des visages des personnes auxquelles ils ont ôté la vie. Enfin, on est amené à s'interroger sur la question des gangs qui, renforcés par l'effet de groupe, font la loi et s'approprient des quartiers entiers.

Ma note : 20/20

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