Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Itinéraire d'une cinéphile

Bienvenue sur mon site de critiques de films et de séries en tous genres. Bonne visite !


Mr. Robot (Saison 1)

Publié par Coralie sur 17 Janvier 2016, 21:51pm

Catégories : #Séries - Thriller

Mr. Robot (Saison 1)

Diffusion : du 24 juin au 2 septembre 2015

Vu en : version originale sous-titrée

(ATTENTION cette critique contient des SPOILERS !)

Ma critique : Autrefois exception appréciable dans la jungle des séries formatées, les anti-héros sont désormais légion à la télévision. Le clan de Tony Soprano, Gregory House, Walter White et consorts s'élargit régulièrement pour accueillir de nouveaux arrivants. Le dernier en date ? Elliot Alderson, alias Mr. Robot, un hacker dépressif accro à la morphine qui s'est inventé un ami imaginaire : le spectateur. La première phrase qu'il prononce, "Hello, friend.", capte immédiatement notre attention et marque le début d'une relation intime qui s'étendra sur 10 épisodes. Intime car Elliot ne nous présente pas la réalité, mais sa réalité. Certains éléments, tels que ses démons qui font régulièrement irruption ou le fait que tous les personnages adoptent l'appellation "Evil Corp" qu'il a inventée, confirment que nous percevons le monde à travers les yeux d'Elliot. Et quand ce qu'il voit l'affole, il nous appelle en renfort, comme à la fin du premier épisode où il nous regarde droit dans les yeux et dit lentement "Please tell me you're seeing this too.". Cette connexion avec Elliot est une parfaite façon de nous impliquer dans l'histoire. D'ailleurs, cette histoire, quelle est-elle ?

Mr. Robot (Saison 1)

Dans un pilot excellent, nous découvrons le quotidien d'Elliot, technicien dans la sécurité informatique le jour, hacker vengeur la nuit. Cet épisode, qui est le plus long de la saison puisqu'il dure 64 minutes, est finalement celui qui a semblé le plus court. Bien rythmée, cynique à souhait, possédant déjà sa propre atmosphère, la série démarre très bien. D'une voix off monotone et désabusée, Elliot nous décrit la solitude qui le ronge et la manière dont il voit le monde. Dans ce qui constitue la meilleure réplique de la saison toute entière, il dénonce l'hypocrisie de la société actuelle : l'idolâtrie envers Steve Jobs bien qu'on sache pertinemment qu'il fait travailler des enfants, les imposteurs que sont les héros comme Neil Armstrong ou Bill Cosby, la fausse sensation d'intimité que nous procurent les réseaux sociaux et, surtout, la lâcheté de l'Homme qui refuse d'affronter la vérité en face. Cette rébellion contre la société de consommation et ses travers, qui n'est pas sans rappeler "Fight Club", nous parle et nous inspire.

Pour inverser la tendance, "to change the world", Elliot a un plan. A petite échelle, il consiste à hacker des citoyens malhonnêtes pour ensuite les dénoncer à la police ou bien les forcer à réparer eux-mêmes leurs torts. Son âme de justicier et son audace comparable à celle d'un agent infiltré, puisqu'il s'agit d'un hacker travaillant dans une entreprise chargée de traquer les hackers, sont des qualités propres à un autre anti-héros, Dexter. La ressemblance entre les deux séries est à son paroxysme lorsque Elliot exhibe fièrement une boîte dans laquelle il a soigneusement consigné les données de chacune de ses "victimes" sur des CD. A plusieurs reprises, Elliot nous évoque également le mafieux Tony Soprano, personnage principal de l'excellente série "The Sopranos". Tous deux ont subi une maltraitance affective de la part de leur mère, ce qui les a amenés directement ou indirectement à consulter une psychologue, dont la salle d'attente est décorée de peintures énigmatiques. Notons également que, dans leurs périodes d'hallucinations respectives, ces deux anti-héros ont été confrontés à des poissons parlants. Amusant, non ?

Mr. Robot (Saison 1)

A plus grande échelle, le plan d'Elliot consiste à hacker une multinationale afin de supprimer toutes les dettes que les particuliers lui doivent, remettant ainsi les compteurs à zéro. Dans cette quête utopique mais réalisable, il est aidé de plusieurs acolytes dont le plus important est incarné par Christian Slater, auréolé du Golden Globe 2016 du meilleur second rôle. Certes capital à l'histoire, son personnage est le moins crédible de tous. Son style vestimentaire décontracté dénote avec la tension qui règne dans la série. On lui préfère largement Martin Wallström, absolument parfait en arriviste machiavélique. Avec Stephanie Corneliussen, ils forment un couple mystérieux et captivant qu'on aurait aimé découvrir davantage, au lieu de réserver cela pour une deuxième saison que le créateur de la série, Sam Esmail, semblait savoir certaine.

Sur le papier, "Mr. Robot" est accrocheur mais, passé le pilot prometteur, on se rend progressivement compte de la supercherie. Derrière un thème central innovant et accrocheur, se cache en fait une belle déception puisque la série combine des facilités et des défauts importants. Les épisodes sont d'une mollesse désolante, la grande majorité des intrigues est inintéressante, et rares sont les personnages attachants. Ajoutez à cela un mode de cadrage exaspérant consistant à maintenir les acteurs partout sauf au centre de l'écran, et il est difficile de ne pas abandonner. Mais on tient bon. Sûrement encore sous l'effet d'un premier épisode qui frôlait la perfection, on ne peut s'empêcher d'espérer. A l'image de Mary (Janel Moloney) dans la saison 2 de l'excellente série "The Leftovers" (dont vous trouverez ma critique ici : http://moviesaddiction.over-blog.com/2016/01/the-leftovers-saison-2.html), "Mr. Robot" végète dans un coma inexplicable et désagréable duquel il sort par moments, nous redonnant ainsi l'espoir que son état s'améliore. Ultime chance de ressaisissement, le rebondissement qui intervient dans les épisodes 8 et 9 enfonce malheureusement le clou. Jusqu'ici, les ressemblances avec "Fight Club" étaient plaisantes, à condition de ne pas copier son twist final. On termine "Mr. Robot" avec un sentiment de surprise causé non pas par son dénouement, mais par un manque flagrant d'originalité.

Ma note : 11/20

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents