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Itinéraire d'une cinéphile

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2001 : L'Odyssée de l'espace

Publié par Coralie sur 16 Août 2016, 10:35am

Catégories : #Films - Science fiction

Sortie : 27 septembre 1968

Vu en : version française

Ma critique : Pour poser les fondations d'une solide culture cinématographique, il est souvent recommandé de visionner les fameux "classiques" du cinéma. Cette prestigieuse catégorie ne signifie pas que ces films nous plairont forcément, mais simplement qu'il faut les avoir vus afin de percevoir tout autre film postérieur à travers leur prisme. Subjectivité oblige, chacun a son avis sur ce qu'est un "classique" du cinéma. Toutefois, rien n'empêche de se pencher sur les listes de "classiques" établies sur support papier ou numérique afin d'essayer d'en tirer quelques critères objectifs. Le plus souvent, les "classiques" sont salués pour leur remarquable capacité à traverser les âges sans prendre une ride. Ceux qui viennent d'abord à l'esprit sont les comédies qui, par l'intemporalité du sujet traité ou de l'humour choisi, feront rire maintes générations. On pense notamment à "La Grande Vadrouille". Mais un "classique" ne plaît pas toujours instantanément. Certains films ont commencé par déplaire, ou tout du moins décontenancer, tant les techniques utilisées étaient à contre-courant de ce qui se faisait à l'époque. C'est le cas par exemple de "Citizen Kane", réalisé en 1941 par Orson Welles, qui déstabilisa le public par ses flashs back et ses prises de vue en plongée et contre-plongée. Ces films profondément novateurs sont considérés comme des "classiques" pour leur aspect révolutionnaire mais aussi visionnaire car ils sont souvent, sans le savoir, le reflet anticipé de ce qui se fera plus tard dans l'industrie cinématographique.

2001 : L'Odyssée de l'espace

"2001 : L'Odyssée de l'espace" fait indubitablement partie de cette catégorie de films visionnaires. Quelques années avant les premiers pas de l'Homme sur la lune, et bien avant l'invention de l'ordinateur, les co-scénaristes Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke se projettent en l'an 2001 et imaginent un voyage spatial reliant la Lune à Jupiter. Forts d'une intuition scientifique phénoménale qui frôle l'art divinatoire, les deux hommes équipent le vaisseau spatial "Discovery" de nombreuses inventions technologiques telles qu'un écran plat, une intelligence artificielle parlante ou encore un visiophone, qui ressemble étrangement aux Skype et FaceTime actuels. De même, les effets spéciaux choisis pour le film font des merveilles en ce qui concerne la représentation de l'espace, de l'apesanteur à bord du vaisseau, ou encore du sol lunaire. Sorti en 1968, "2001 : L'Odyssée de l'espace" n'a rien à envier aux films de science-fiction d'aujourd'hui comme "Gravity" d'Alfonso Cuaron ou "Interstellar" de Christopher Nolan.

2001 : L'Odyssée de l'espace

Cet attachement au réalisme scientifique est un des aspects du perfectionnisme du co-scénariste et réalisateur Stanley Kubrick, qui se ressent tout au long du film. Chaque plan transpire la réflexion et la maîtrise. On décèle derrière la symétrie des formes géométriques le talent de photographe de l'homme qui manie la caméra. Esthétiquement, il n'y a donc rien à redire. Cependant, au niveau du rythme, "2001 : L'Odyssée de l'espace" pose quelques problèmes. Durant 2h21, l'oeuvre abonde de séquences contemplatives. Ces longueurs constituent à la fois une qualité et un défaut puisqu'elles renforcent admirablement l'ambiance flottante et presque hypnotique de l'odyssée, mais diminuent l'intérêt que l'on porte à l'intrigue. A cela s'ajoute une rareté des dialogues volontaire et presque provocante : la première phrase n'est prononcée qu'à la vingtième minute, le ton est donné. Ces silences sont d'autant plus frustrants que le sujet abordé est riche et complexe. Le voyage spatial, consécutif à la découverte d'un étrange monolithe sur une base lunaire, est en effet perturbé par la rébellion de CARL 500, l'intelligence artificielle parlante dont est dotée le vaisseau. Cette problématique - qui ne paraît pas impossible aujourd'hui - est passionnante mais, pour en suivre l'évolution, il faut supporter l'enveloppe artistique expérimentale qui l'entoure.

Ma note : 13/20

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