Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Itinéraire d'une cinéphile

Bienvenue sur mon site de critiques de films et de séries en tous genres. Bonne visite !


Narcos

Publié par Coralie sur 3 Avril 2017, 19:49pm

Catégories : #Séries - Drame, #Séries - Biopic

Narcos

Saisons : 1 et 2

Diffusion : du 28 août 2015 au 2 septembre 2016 sur Netflix

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Dans les années 1980, Pablo Emilio Escobar Gaviria règne en maître sur le cartel colombien de Medellin, spécialisé dans le trafic de cocaïne. Surnommé "El Patron", l'homme contrôle 80% du marché mondial et devient rapidement multi-milliardaire, au mépris de milliers de vies. Vingt ans après sa mort, ce baron de la drogue sanguinaire aux multiples visages intrigue toujours autant. Après les films "Pablo Escobar, le patron du mal" (2012), "Paradise Lost" (2014) ou encore "The Infiltrator" (2016), c'est Netflix qui franchit le pas en faisant de Pablo Escobar l'un des personnages principaux de sa nouvelle série intitulée "Narcos" (diminutif de "narco-trafiquants"), dédiée au trafic de cocaïne.

La première saison de "Narcos" est composée de dix épisodes de 52 minutes, qui couvrent la période s'étalant de 1989 à juillet 1992. Elle n'a donc pas une seconde à perdre. Le rythme est soutenu, l'action omniprésente. Après nous avoir dépeint son environnement et présenté ses nombreux personnages, la première saison se focalise sur l'apogée du cartel de Medellin, dont l'hégémonie impressionne autant qu'elle sidère. Exportations de cocaïne par tous les moyens imaginables, intimidation, corruption, sabotage de preuves, assassinats, fusillades, attentats, Pablo Escobar fait à lui seul l'actualité d'un pays tout entier. Et, lorsque l'on a du mal à en croire nos yeux, "Narcos" enfonce le clou avec des images d'archives ou des reportages télévisés de l'époque, illustrant ainsi la notion de "réalisme magique" sur laquelle s'est ouverte la série : "Le réalisme magique se caractérise par le fait qu'un contexte réaliste et détaillé soit perturbé par un élément trop étrange pour être vrai."

Narcos

La deuxième saison, quant à elle, peut se permettre de prendre davantage son temps puisqu'elle couvre une période de 18 mois. Mais cela ne veut pas dire qu'elle est moins dynamique et anxiogène que la précédente, loin de là. En nous présentant, d'une part, le déclin d'abord lent puis précipité du cartel de Medellin et, d'autre part, la montée en puissance du cartel de Cali, la deuxième saison de "Narcos" met en scène une lutte de pouvoirs des plus intéressantes.

Narrée par la voix-off de Steve Murphy (Boyd Holbrook), un agent de la police américaine anti-drogue, "Narcos" est une série captivante qui se plaît à constamment mettre en exergue les deux facettes d'un même élément. Il y a d'abord les deux aspects principaux de cette chasse à l'homme qui aura duré des années : ses implications politiques (aussi bien en Colombie qu'aux Etats-Unis) et ses conséquences sur le terrain, qui s'évaluent en vies perdues mais aussi en vies brisées. Il y a enfin le double visage de cet homme, Pablo Escobar. Parfois surnommé "Robin des Bois", il est connu de tout Medellin pour ses actions en faveur des défavorisés. C'est également un mari aimant, qui ferait tout pour sa femme Tata et ses enfants Juan Pablo et Manuela. Mais il est surtout connu pour sa soif de pouvoir, d'argent et de sang, conformément à son mot d'ordre "plata o plomo" (l'argent ou le plomb c'est-à-dire la corruption ou la mort).

Narcos

"Narcos" a parfaitement su exploiter la complexité de ce personnage, superbement incarné par l'acteur brésilien Wagner Moura. Son calme, sa posture tout ventre dehors ainsi que son pas lent rappellent d'ailleurs un autre baron de la drogue, Tony Soprano (James Gandolfini). Cependant, contrairement à la série "The Sopranos" entièrement axée sur son personnage principal, "Narcos" n'est pas une série sur la vie de Pablo Escobar. Il s'agit plus généralement d'une série sur le trafic de cocaïne. En témoigne le fait que la mort de "El Patron" n'empêche pas la série d'être renouvelée pour deux saisons supplémentaires. Celles-ci seront, sans aucun doute, riches en émotions et en rebondissements mais auront-elles la même saveur sans notre professeur d'insultes espagnoles préféré ? Quoi qu'il en soit, on a déjà hâte de retrouver Steve Murphy (Boyd Holbrook) et Javier Pena (Pedro Pascal), plongés au coeur de cette remarquable reconstitution de la Colombie des années 1980-1990. Et, surtout, il nous tarde d'entendre à nouveau le générique, "Tuyo" de Rodrigo Amarante, jolie chanson lente et envoûtante qui fait parfois office de trêve avant que ne retentissent les armes.

Ma note : 18/20

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents