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Itinéraire d'une cinéphile

Bienvenue sur mon site de critiques de films et de séries en tous genres. Bonne visite !


Babel

Publié par Coralie sur 21 Mars 2015, 20:34pm

Catégories : #Films - Drame

Babel

Sortie : 15 novembre 2006

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Selon la Bible, les Babyloniens ne formaient auparavant qu'un peuple, qui ne parlait qu'une seule langue. Un jour, ils décidèrent de construire une tour dont le sommet serait capable de pénétrer les cieux. Face à tant d'arrogance, Dieu décida de les punir : il confondit leur langage et les dispersa sur toute la surface de la Terre. Ce récit biblique, qui explique la diversité des langues et l'éparpillement des hommes sur la Terre, est resté ancré dans les mémoires, si bien qu'on en trouve encore des traces aujourd'hui. En référence aux multiples langages que les hommes se sont vu attribuer par Dieu afin d'être incapables de communiquer entre eux, "Babel" est désormais synonyme de confusion, de cacophonie. On retrouve cette idée dans "Tartuffe" de Molière, où Madame Pernelle déclarait "C'est véritablement la tour de Babylone, car chacun y babille, et tout du long de l'aune". Bien sûr, à l'image de la tour inachevée, le terme "babel" est également employé de manière métaphorique pour illustrer la démesure et les travaux vains. En choisissant d'appeler son film "Babel", qu'a voulu dire Alejandro Gonzalez Inarritu ? Ce drame est-il une cacophonie ? Ou nous montre-t-il des travaux entrepris vainement ? Non, bien au contraire. "Babel" est une oeuvre multiculturelle dans laquelle les différentes langues cohabitent harmonieusement.

Babel

Vérifiant ainsi la théorie de l'effet papillon, le réalisateur nous montre qu'un acte, a priori anodin, peut avoir de tragiques répercussions, et ce jusqu'aux quatre coins de la planète. Nous voilà transportés du Japon au Maroc, en passant par le Mexique. D'ailleurs, lors des scènes se déroulant dans le désert du Nouveau-Mexique, on ne peut s'empêcher d'avoir une pensée émue pour "Breaking Bad". On voyage tellement, et on s'habitue si vite aux diverses cultures, qu'on est presque surpris lorsqu'on entend certains personnages parler anglais. Ce voyage prend vite une dimension captivante car on est invité à récolter des indices afin de lier les différentes histoires entre elles. En effet, comme nous le montre l'affiche du film, "Babel" est un puzzle. Et ses pièces, bien que radicalement différentes, s'imbriquent parfaitement les unes aux autres. Cette unité, que seuls les grands cinéastes savent apporter à des composants si hétéroclites, repose sur plusieurs éléments. D'abord, tout au long du film, une mélodie de guitare sobre et touchante nous accompagne. Cette bande originale, composée par Gustavo Santaolalla, est si belle qu'elle a remporté l'Oscar de la meilleure musique. Ensuite, un réel travail a été effectué au niveau des transitions. Certaines d'entre elles - soit parce qu'elles créent une continuité, soit parce qu'elles opèrent un contraste intelligent - sont vraiment réussies. Enfin, le mortier qui assemble réellement les briques de "Babel" est un thème commun à toutes les histoires : la mort. Chaque personnage y est confronté, et gère cela à sa manière. Chaque histoire parvient à nous toucher, grâce à des acteurs convaincants, qu'ils soient amateurs ou professionnels. Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal, Adriana Barraza, Rinko Kikuchi : tous sont extrêmement investis et cela se ressent. On gardera en mémoire plusieurs scènes marquantes, comme celle de l'appel téléphonique, que l'on découvre au début ainsi qu'à la fin du film.

Babel

Outre une histoire complexe ingénieusement mise en scène, "Babel" utilise la surdité de l'un des personnages principaux afin de délivrer un message d'ouverture aux autres et de lutte contre les préjugés. Cet aspect du film fait réfléchir car, même si on croit globalement comprendre ce qu'est la surdité, on n'imagine pas l'ampleur du sentiment de solitude auxquels sont confrontés les personnes sourdes et muettes.

Enfin, il est intéressant d'observer que "Babel" contient une critique discrète de la presse. En effet, celle-ci s'est empressée de crier au terrorisme, sans se soucier de la véracité de cette affirmation.

Ma note : 17/20

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