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Itinéraire d'une cinéphile

Bienvenue sur mon site de critiques de films et de séries en tous genres. Bonne visite !


Night Call

Publié par Coralie sur 15 Février 2015, 19:26pm

Catégories : #Films - Thriller

Night Call

Sortie : 26 novembre 2014

Titre original : Nightcrawler

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Après avoir signé de nombreux scripts, comme celui de "Jason Bourne : L'héritage" réalisé par son frère en 2012, Dan Gilroy passe pour la première fois derrière la caméra afin de nous faire découvrir "Night Call". Dans le rôle principal, retrouver Jake Gyllenhaal nous confirme que celui-ci a amorcé un tournant dans sa carrière puisqu'il choisit désormais des films plus cérébraux, comme "Prisoners" ou "Enemy". Cette fois-ci, il incarne Lou Bloom, un apprenti caméraman qui, branché sur les fréquences radios de la police, parcourt Los Angeles à la recherche d’images choc qu’il vendra à la chaîne de télévision la plus offrante. Ce qui n'était, au départ, qu'un moyen parmi d'autres de gagner de l'argent, devient très vite une chasse à l'horreur dans laquelle nous constatons, avec effroi, la fascination et le manque d'empathie de Lou pour tous les crimes auxquels il assiste. Un cap est franchi lorsque, dans un excès de rage, il détruit son miroir. Cette scène fait basculer "Night Call" dans une seconde moitié plus sombre. A partir de là, Lou mettra en place de terribles stratagèmes afin d'évincer ses concurrents journalistes. Une gradation se ressent tout au long de ce thriller, jusqu'à un final efficace, rappelant celui de l'excellent "Cheap Thrills", qui donne à l'histoire toute son ampleur.

Night Call

En toile de fond de "Night Call", on voit clairement se dessiner une critique habile des médias, qui sont personnifiés à travers Nina Romina, interprétée par la femme du réalisateur, Rene Russo. Responsable de la sélection des images à diffuser, Nina est prête à tout pour faire de l'audience, même si cela implique de transgresser la loi et les règles de déontologie. Plus il y a de sang, mieux c'est. Nina est aussi dérangée et dérangeante que Lou, ses paroles font froid dans le dos. C'est notamment en l'écoutant qu'on apprend les divers critères de sélection des scoops à diffuser, le plus choquant d'entre eux étant que l'assassinat d'une famille blanche intéressera plus les spectateurs que celui d'une famille noire ou d'origine sud-américaine. Lorsque le traitement de l'information et la fabrication des gros titres nous sont montrés, le parallèle avec la réalité est facile à faire. Peu à peu, on voit disparaître les reportages de fond qui nous informent, au profit de ceux qui nous effraient. C'est leur rareté, leur sérieux et leur qualité qui font qu'aujourd'hui on aime autant les émissions telles que "Envoyé Spécial" ou "Cash Investigation".

Night Call

Au-delà d'une satire politique intéressante, on peut percevoir "Night Call" comme étant un avertissement contre les dérives que peut engendrer ce système où l'horreur est banalisée et omniprésente. La performance magistrale de Jake Gyllenhaal, dont les yeux ont manqué de sortir de leur orbite à plusieurs reprises, nous fait voir Lou Bloom comme un psychopathe, mais est-il vraiment un cas isolé ? La dureté des images, auxquelles nous sommes quotidiennement confrontés à la télévision, n'est-elle pas en train de nous transformer en êtres humains de moins en moins capables d'empathie ? La fin de "Night Call" laisse peu de place à l'espoir. En effet, après être sorti du commissariat, façon "Usual Suspects", Lou n'est plus seul, il dirige une équipe.

"Night Call" étant tourné essentiellement de nuit, Dan Gilroy n'a pas choisi la facilité pour son premier long-métrage, mais il s'en est très bien sorti. Son film est précis, fluide et on note qu'il porte une attention particulière aux dialogues.

Ma note : 16/20

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