Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Itinéraire d'une cinéphile

Bienvenue sur mon site de critiques de films et de séries en tous genres. Bonne visite !


Orange is the new black

Publié par Coralie sur 15 Juin 2016, 20:18pm

Catégories : #Séries - Dramédie

Orange is the new black

Saisons : 1 à 3

Diffusion : du 11 juillet 2013 au 12 juin 2015 sur Netflix

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : En nous présentant les vies trépidantes d'hommes et de femmes aux vies pas si éloignées des nôtres, les séries nous font parfois regretter le manque de piment dans notre quotidien. Qui ne rêve pas d'une histoire d'amour aussi folle que celle de Blair et Chuck dans "Gossip Girl" ? Qui n'a jamais été contaminé par la soif d'adrénaline contagieuse de Walter White dans "Breaking Bad" ou de Lucas Hood dans "Banshee" au point de vouloir braver les dangers à leurs côtés ? Mais qui aurait cru qu'une série nous donnerait un jour envie de séjourner en prison ? Cet étonnant fantasme est l'oeuvre de "Orange is the new black", une excellente dramédie d'autant plus addictive qu'elle est disponible en binge watching sur Netflix. Sa créatrice, Jenji Kohan, adapte le livre "Orange is the new black : my year in a women's prison" et nous présente l'histoire vraie de Piper Kerman - devenue Piper Chapman pour les besoins de la série -, une jeune femme de bonne famille condamnée à 15 mois de prison pour trafic de drogue.

Dans le premier épisode de la série, Piper (Taylor Schilling) intègre ainsi le centre pénitentiaire de Litchfield. Humiliée dès son arrivée, elle comprend vite que ces 15 mois vont être les plus longs de sa vie. Lors des scènes au parloir, deux mondes s'affrontent : la prison et l'extérieur. Peu à peu, les deux s'inversent pour Piper : la prison devient un milieu familier où elle a ses repères, et l'extérieur se transforme en un endroit effrayant et presque abstrait peuplé de gens qui ne la comprennent plus. L'adaptation de Piper au milieu carcéral est facilitée par la présence d'un visage familier, celui d'Alex Vause (Laura Prepon), son ex petite amie. Au départ conflictuelle, leur relation évoluera sous l'impulsion de sentiments ravivés et d'un besoin de soutien dans cet environnement inhospitalier qu'est la prison. Fortes d'une complicité qui crève l'écran, les deux actrices Taylor Schilling et Laura Prepon donnent vie à l'un des couples les plus touchants de la télévision.

Orange is the new black

Peu à peu, la prépondérance de Piper - personnage principal qui nous a permis d'infiltrer le centre pénitentiaire de Litchfield - s'estompe progressivement pour laisser place à une série chorale dans laquelle tous les personnages ont une importance à peu près équivalente. On découvre des détenues aux caractères bien trempés, pleines d'humour, et surtout terriblement attachantes. La proximité que l'on ressent à leur égard est renforcée par une culture commune. En effet, elles font régulièrement référence à des oeuvres bien connues du grand public. On note par exemple des allusions à des séries comme "The Sopranos" ou "Breaking Bad" ainsi qu'à des films tels que "Rain Man", "Harry Potter" ou encore "Pulp Fiction".

Afin que l'on apprenne à mieux connaître ces nombreuses détenues, "Orange is the new black" s'attache également à faire la lumière sur leur passé, conformément à son slogan "Every sentence is a story" (chaque condamnation a son histoire). Il est amusant d'essayer de deviner comment elles ont atterri en prison, même si on se trompe souvent. Outre leur aspect informatif consistant à présenter le crime ou le délit commis, les flashs back sont intéressants car ils permettent d'aborder une multitude de thèmes tels que le racisme, les violences conjugales, l'homosexualité ou encore la transsexualité. En toile de fond de ces bribes du passé intelligemment amenées et souvent riches en émotions, on retrouve souvent le même facteur : l'enfance. C'est avec beaucoup de tristesse que l'on remarque chez les détenues une certaine prédestination à l'échec. Qu'il s'agisse de parents criminels, absents ou alcooliques, toutes ou presque ont commencé dans la vie avec un handicap qui n'a cessé de les tirer vers le fond jusqu'à les mener à Litchfield.

Orange is the new black

Et, une fois là bas, un cercle vicieux en remplace un autre. La vie carcérale est ici vivement critiquée : la cantine est infecte, l'hygiène est douteuse, les drogues et les téléphones circulent sans difficulté et les surveillants pénitentiaires sont souvent des prédateurs corrompus. Dans cet environnement où règne l'injustice, les détenues doivent ravaler leur colère car tout acte de violence est sanctionné par un rallongement de leur peine ou un isolement psychologiquement catastrophique. Pour survivre, les femmes forment des clans en fonction de leur couleur de peau, leur origine ethnique et leur âge. Cette division, particulièrement flagrante lors de l'élection des représentantes, renforce l'idée que la prison est un véritable microcosme, un miroir à petite échelle d'une société où la reproduction sociale semble inévitable.

En combinant ainsi une réflexion nécessaire, des intrigues intéressantes et des personnages émouvants, Jenji Kohan nous offre une série d'une richesse incroyable. Le tout est sublimé par un casting extraordinaire. On ne peut être qu'enchanté par cette mosaïque d'actrices à la fois si différentes et si complémentaires. C'est un réel plaisir de suivre les aventures de leurs personnages durant deux saisons d'une qualité exemplaire. La troisième saison est, quant à elle, un cran en dessous. L'humour et les dialogues efficaces demeurent mais des intrigues farfelues encombrent le récit et plusieurs rapprochements affectifs sont bâclés. Espérons que la quatrième saison, qui sera dévoilée par Netflix le vendredi 17 juin, saura relever le niveau. La bande annonce a laissé entrevoir l'arrivée d'une nouvelle détenue. Il est logique que ce flot d'arrivantes soit permanent puisque, comme l'indique le nom de la série, la tenue orange semble être la nouvelle mode. Notons d'ailleurs que l'habit des prisonnières n’est pas orange, mais beige. En effet, la couleur orange est réservée aux détenues fraîchement débarquées. Ce qui est donc réellement tendance est le fait d'arriver en prison.

Ma note : 16/20

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents