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Itinéraire d'une cinéphile

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Seul contre tous

Publié par Coralie sur 8 Avril 2016, 18:46pm

Catégories : #Films - Biopic

Seul contre tous

Sortie : 9 mars 2016

Titre original : Concussion

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Pour sa troisième réalisation, Peter Landesman reste fidèle à sa marque de fabrique, qui consiste à porter à l'écran des histoires vraies. Après s'être penché sur l'assassinat du président John Fitzgerald Kennedy ("Parkland") et avant d'aborder les événements du Watergate ("Felt"), le réalisateur américain met un coup de projecteur sur un homme hors du commun, le Docteur Bennet Omalu. Ce médecin légiste et neuropathologiste a dévoilé au monde entier l'existence de l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC), un trouble cérébral qui affecte les joueurs de football américain à cause des milliers de chocs crâniens qu'ils subissent durant leur carrière. Comportement violent, douleurs, hallucinations, les symptômes sont si terribles que certains athlètes en viennent à mettre fin à leurs jours. Convaincu que "les hommes n'ont pas été créés pour jouer au football américain", le Docteur Omalu veut alerter la National Football League (NFL), mais il se heurte à un mur. Non seulement celle-ci est au courant de la situation, mais elle fait tout pour la dissimuler afin de ne pas entacher l'image du sport le plus populaire des Etats-Unis. Débute alors une lutte inégale entre la science et le monde sportif des affaires.

Seul contre tous

Cet affrontement n'a pas passionné les Américains. En n'amassant que 34,5 millions de dollars, "Seul contre tous" n'est pas parvenu à rentabiliser son budget, qui s'élevait à 35 millions. Ce seuil a heureusement été franchi grâce au marché international. Pour que le film - dont le titre original est "Concussion" en référence aux dégâts cérébraux subis par les victimes - continue son chemin outre Atlantique, il a fallu lui trouver un titre français. Comme tout long-métrage qui présente un combat de David contre Goliath, "Concussion" est frappé de ce qu'on pourrait appeler le "syndrome du seul contre tous". En 2000, celui-ci avait touché "Erin Brockovich" qui s'était transformé en "Erin Brockovich, seule contre tous". Puis, en 2009, "Prayers for Bobby" était devenu "Bobby, seul contre tous". De même pour "The Whistleblower" qui, en 2010, s'est vu renommer "Seul contre tous".

Malgré son titre simpliste, "Seul contre tous" est un film intéressant de par l'histoire extraordinaire qu'il raconte. En tant que spectateurs, on oscille entre deux sentiments opposés qui témoignent de notre niveau d'implication. D'une part, on éprouve une profonde admiration pour le Docteur Omalu. Son honnêteté teintée de naïveté ainsi que sa détermination font de lui un modèle inspirant. Pour l'incarner au mieux, Will Smith livre une performance remarquable, rendue possible par un travail conséquent et un souci perceptible du détail. D'autre part, on est révolté face aux agissements de la NFL, qui fait passer l'argent avant la santé des joueurs. La colère s'amplifie lorsqu'on réalise que, une dizaine d'années après, rien n'a changé. Certes, le public est désormais informé mais cela n'a pas entraîné de réelle prise de conscience. En témoigne l'engouement toujours aussi important des Américains pour leur football.

Seul contre tous

Le travail du Docteur Omalu n'en est pas moins remarquable car il a permis de faire toute la lumière sur les décès suspects de joueurs de football américain et ainsi permettre à leurs familles de connaître la vérité. Durant son enquête, le médecin légiste a fait l'objet de manoeuvres visant à l'ostraciser et à le décourager. Seuls deux événements de ce type nous sont présentés par le réalisateur. Le premier est un coup de téléphone menaçant, sans conséquence. Le second est une filature subie par la femme du Docteur Omalu, dont il ne nous a pas été offert de voir l'issue. Il est à déplorer que le film n'ait pas insisté davantage sur ces pressions inhérentes à la dénonciation de pratiques malhonnêtes dans les hautes sphères du pouvoir. Ce choix narratif contestable, couplé à un manque flagrant de rythme et des scènes inutiles, nous laissent le sentiment que le film n'est pas à la hauteur de l'homme et des enjeux dépeints.

Ma note : 13/20

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