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Itinéraire d'une cinéphile

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The 100 (Saison 3)

Publié par Coralie sur 23 Mai 2016, 12:50pm

Catégories : #Séries - Science-fiction

The 100 (Saison 3)

Diffusion : du 21 janvier au 19 mai 2016 sur la chaîne américaine CW

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : A chaque saison de "The 100" son grand ennemi. Dans la première saison, le Sky People se frotte aux Grounders, tribu de guerriers qui peuple la forêt dans laquelle ils ont atterri. Cette cohabitation délicate est savamment orchestrée par des scénaristes audacieux qui, treize épisodes durant, donneront toujours l’impression de savoir où ils vont. Dans la deuxième saison, le Sky People est confronté à un ennemi de taille, à savoir les habitants de Mount Weather. Plus dangereux que les Grounders car plus développés et donc mieux armés, les soldats de la montagne représentent une menace considérable que nos héros se doivent d’éradiquer. Dans un épisode final sous haute tension, Clarke Griffin (Eliza Taylor) sauve son peuple en prenant la décision la plus difficile de sa vie, amorçant ainsi un tournant majeur de la série. Désormais, ce n’est plus soudé, mais morcelé, que le Sky People devra faire face à ses nouveaux opposants, qui d’ailleurs ne se feront pas attendre. L’intrigue de la troisième saison puise ses racines dans l’origine même de la série puisque l’ennemi à abattre n’est autre que la responsable de la destruction de la Terre en 2052, destruction qui a poussé les humains à se réfugier dans l’espace. Il s’agit d’une intelligence artificielle, nommée A.L.I.E., qui s’est construit un avatar à l’image de sa créatrice, Becca (Erica Cerra). Vous l’aurez compris, la troisième saison de "The 100" a élevé la série à un tout autre niveau.

The 100 (Saison 3)

L’intrigue autour d’A.L.I.E. rend la série méconnaissable, à la fois intellectuellement et visuellement. Si vous aviez l’habitude de regarder "The 100" pour vous détendre, il va maintenant falloir froncer les sourcils et écarter les éléments extérieurs susceptibles d’entraver votre concentration. Car A.L.I.E. parle peu mais tout ce qu’elle dit est extrêmement important. A ses paroles, s’ajoutent des actes visant à mettre en œuvre un plan dont la logique implacable vise à retirer aux hommes leur libre arbitre pour les rendre heureux. Pour cela, A.L.I.E. leur propose d’avaler une puce qui les soulagera de leurs peines. Propose, que dis-je, impose puisqu’ils seront tués s’ils refusent, comme nous le montre le titre de l’épisode 13, "Join or Die". Cette fameuse puce, qui se répand telle une épidémie, pose des questions intéressantes qui nous poussent à réfléchir, voire à nous remettre en question. Quel prix sommes-nous prêts à payer pour être heureux ? Qu’est-ce que le bonheur ? Lorsque l’on a perdu un être cher, effacer son existence de notre mémoire est-il la solution pour se sentir mieux ? Ces questions parlent tellement aux protagonistes que deux d’entre eux, Raven (Lindsey Morgan) et Jasper (Devon Bostick), cèdent à la tentation de la puce, donnant ainsi à A.L.I.E. le pouvoir de contrôler leurs esprits. Ces possessions sont simulées à la perfection par les deux acteurs, ravis de donner une dimension supplémentaire à leurs personnages.

The 100 (Saison 3)

C’est donc à la fois contre A.L.I.E. et contre les leurs que nos héros devront se battre. Pour cela, plusieurs alliances seront nécessaires, ce qui nous conduira au cœur de l’univers des Grounders. La découverte de leur mythologie est très enrichissante. On se rend compte que le point de départ de leur histoire est l'apocalypse nucléaire qui a ravagé la Terre en 2052. Pleins de bonne volonté, les Grounders ont basé leur culture sur l’interprétation erronée de cet événement, ce qui donne lieu à de curieux parallèles. Par exemple, leur fameux Polis n’est autre que Polaris, l’une des stations de l’espace. De même, ce qu'ils considèrent comme étant l’âme transmissible de la commandante des Grounders est, en fait, une intelligence artificielle.

Le rituel de transmission de l’intelligence artificielle d’une commandante à une autre nous a été dévoilé dans l’épisode 7 lors de la mort de Lexa, incarnée par la talentueuse Alycia Debnam Carey. Etant donné que celle-ci tient l’un des rôles principaux dans la série "Fear The Walking Dead", on s’attendait à ce que Lexa périsse tôt ou tard, mais sa mort n'a pas été à la hauteur du personnage. En faisant succomber Lexa à une balle perdue, le créateur de la série Jason Rothenberg a ridiculisé cette guerrière charismatique et s’est attiré les foudres des spectateurs. Pendant plusieurs jours, le nom de la défunte faisait partie des Top Tweets sur Twitter et, deux mois après, les spectateurs votent encore pour Lexa dans la catégorie "meilleur personnage de l’épisode" sur l'application TVShowtime. La mort de Lexa est d’autant plus difficile à digérer qu’elle intervient juste après que celle-ci a enfin trouvé le bonheur avec Clarke. Cet enchaînement maladroit a aussitôt été pointé du doigt comme traduisant une volonté délibérée de ne pas donner d’avenir aux personnages homosexuels. Et le nom de Lexa est venu s’ajouter à la longue liste des personnages ouvertement homosexuels ou bisexuels décédés, qui comprend notamment Sandy Lopez ("Urgences"), Amy Tyler ("Sons of Anarchy"), Susan Grant ("Private Practice") ou encore Maya ("Pretty Little Liars") (liste à retrouver ici en anglais : http://www.autostraddle.com/all-65-dead-lesbian-and-bisexual-characters-on-tv-and-how-they-died-312315/). La déception des fans a pris une telle ampleur que, dans une interview, Jason Rothenberg a déclaré que, s’il avait su que la mort de Lexa allait engendrer de telles répercutions, il aurait fait les choses différemment (déclarations à lire ici en anglais : http://variety.com/2016/tv/news/100-lexa-dead-showrunner-apologizes-letter-to-fans-1201738607/).

The 100 (Saison 3)

Nul doute que Lexa restera dans les mémoires, pour le personnage en lui-même évidemment mais aussi pour sa relation avec Clarke. Leur couple a progressivement gagné en consistance et en crédibilité, jusqu’à être aujourd’hui l’un des couples homosexuels fictifs les plus appréciés. Même si cette relation n’a pas donné lieu à des scènes cultes, comme le célèbre "I love you too" de Blair (Leighton Meester) et Chuck (Ed Westwick) dans la série addictive "Gossip Girl", les deux actrices ont réussi à créer une belle alchimie. Leurs échanges de regards complices rappellent ceux de Piper (Taylor Schilling) et Alex (Laura Prepon) dans l’excellente série "Orange is the New Black". Malheureusement, l’idylle de Clarke et Lexa est de courte durée car, dans "The 100", l’amour n'est que souffrance. Si on résume, Abby s'est vu arracher son mari, Raven a perdu Finn, Clarke a subi la double perte de Finn et Lexa, Jasper a vu périr Maya, Bellamy a perdu Gina, et Octavia a assisté à l'assassinat de Lincoln. A en croire cette malédiction, les couples fraîchement formés, à l'instar de Monty et Harper, n'ont qu'à bien se tenir.

Cette prédiction pessimiste s’inscrit dans la continuité d'une volonté de toujours pousser les personnages dans leurs retranchements afin de voir comment ils s'en sortent. Certes, les membres principaux du groupe sont toujours en vie, mais à quel prix ? Aujourd’hui, plus que jamais, il n’y a plus de "good guys" et de "bad guys". Tous ont du sang sur les mains et il est difficile de s’y retrouver dans cet enchevêtrement d’alliances, de trahisons, de vengeances et de réconciliations. L’arrivée de Pike (Michael Beach) dans le deuxième épisode, suite à l’atterrissage de la Farm Station, met nos héros face à leurs propres contradictions. Comment expliquer à Pike que sa ligne de conduite est mauvaise alors qu’elle provoque autant de morts que celle adoptée jusqu’ici ?

The 100 (Saison 3)

Avec son lot de choix cornéliens et de scènes marquantes, la troisième saison de "The 100" reste fidèle à son ADN. Cependant, on lui trouve un défaut qu’on ne lui connaissait pas auparavant. Alors qu’on louait la saison précédente pour son efficacité, on s'aperçoit que les scénaristes se sont servi de l'épisode 12 pour faire du remplissage. En faisant revenir le personnage d’Emerson (Toby Levins), la série nous livre un épisode peu recherché qui manque terriblement de crédibilité. A ce nouveau défaut, s’ajoutent des points essentiels sur lesquels "The 100" n'a pas réussi ou n’a pas essayé de s’améliorer. On pense notamment aux méthodes de survie dans la forêt, qui ne sont toujours pas abordées, et au fait que les relations amoureuses ne soient pas suffisamment introduites en amont. Quoiqu'il en soit, ces points négatifs s'estompent devant les qualités indéniables de la série. "The 100" fait preuve d'une incroyable capacité à se renouveler, tout en restant cohérente et intéressante.

Pour clôturer le chapitre A.L.I.E., la série nous offre un final époustouflant devant lequel on reste bouche-bée du début à la fin. Cependant, si on prend un peu de recul, deux failles apparaissent. D'une part, ce final n'introduit pas suffisamment la quatrième saison. On ne ressent donc pas de réelle impatience, ce qui est dommage. D'autre part, on note un élément de répétition quelque peu agaçant, qui traduit une certaine fainéantise de la part des scénaristes. En effet, ceux-ci ont choisi d'illustrer l'énième dilemme de Clarke par un objet à la symbolique explicite : un levier que l'héroïne doit actionner. Cela ne vous rappelle rien ? La jeune femme avait déjà manipulé un levier similaire dans le final de la deuxième saison afin de sauver son peuple, au détriment des habitants de Mount Weather.

Ma note : 16/20

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