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Itinéraire d'une cinéphile

Bienvenue sur mon site de critiques de films et de séries en tous genres. Bonne visite !


The Americans (Saison 1)

Publié par Coralie sur 3 Avril 2016, 11:57am

Catégories : #Séries - Drame

The Americans (Saison 1)

Diffusion : du 30 janvier au 1er mai 2013

Vu en : version originale sous-titrée

Ma critique : Dans les séries policières, les moments les plus captivants sont souvent ceux où un ou plusieurs membres de l'équipe effectuent une mission sous couverture. C'est le coeur serré, effrayés à l'idée qu'ils soient démasqués, que nous suivons leur progression au sein de diverses organisations criminelles dans le but de récolter de précieuses informations. Jack Malone (Anthony LaPaglia) dans "FBI Portés Disparus", Eric Delko (Adam Rodriguez) dans "Les Experts Miami", Kevin Ryan (Seamus Dever) dans "Castle", Carrie Wells (Poppy Montgomery) dans "Unforgettable", tous se sont essayés à cet exercice périlleux. Mais comment faire lorsque votre vie entière est une mission sous couverture ? C'est la question que pose la série "The Americans" dans le contexte tendu de la Guerre Froide.

Depuis leur plus jeune âge, deux espions du KGB ont été formés et conditionnés pour une mission de la plus haute importance : infiltrer la société américaine afin de récolter des informations pour le compte de leur "Mère Patrie". Pour cela, ils se voient renommer Elizabeth et Philip, leur mariage est arrangé et ils s'installent dans une maison typiquement américaine au coeur de la banlieue de Washington. Encouragés par leurs supérieurs, les jeunes mariés donnent naissance à deux enfants, Paige (Holly Taylor) et Henry (Keidrich Sellati).

The Americans (Saison 1)

A la tête d'une agence de voyages, Elizabeth et Philip ont la liberté de s'absenter autant qu'ils le souhaitent pour accomplir les diverses missions que le "Centre" leur assigne. Poses de micros, filatures, usages de fausses identités, assassinats, le duo d'espions sait tout faire et ne laisse aucune trace. Magistralement incarnés par Keri Russell et Matthew Rhys, ils sont impressionnants de sang-froid, rappelant parfois Dexter Morgan dans leur méticulosité sur les scènes de crime. Au fil de leurs missions, aux enjeux toujours plus élevés, leurs nerfs sont mis à rude épreuve. Par exemple, malgré son surentraînement, il demeure difficile pour Elizabeth d'avoir à offrir son corps pour atteindre ses objectifs, surtout lorsque l'acte sexuel s'accompagne de coups. Bien qu'elle constitue un facteur de réalisme, cette violence récurrente à l'encontre des femmes est le point faible principal de la série puisqu'il la rend parfois douloureuse à regarder. Quant à Philip, ses convictions sont malmenées puisque, à force de vivre confortablement aux Etats-Unis, il a pris goût à son aisance financière et aux petits plaisirs de la vie. C'est ainsi que, dès le pilot, il implore Elizabeth de se rendre aux autorités et collaborer en échange d'une coquette somme d'argent offerte par le FBI. Pétrie de valeurs patriotiques et de principes anti-américains, Elizabeth est stupéfaite que son compagnon suggère de trahir la "Cause". D'un point de vue psychologique, la contradiction idéologique qui s'est progressivement installée entre les deux personnages principaux est passionnante à étudier. Elle fait écho au revirement du sergent américain Nicholas Brody dans "Homeland" qui, après avoir été séquestré par l'ennemi pendant des années, revient aux Etats-Unis avec une seule idée en tête : y faire exploser une bombe. Alors que Brody n'avait personne pour le dissuader d'opérer un tel revirement, Philip est épaulé par Elizabeth. Celle-ci parvient finalement à le convaincre parce que, même s'il apprécierait certainement une telle libération, il ne souhaite pas entraîner sa compagne et ses enfants dans sa chute.

The Americans (Saison 1)

Car ce n'est pas parce que le mariage d'Elizabeth et Philip a été arrangé qu'aucun sentiment ne les unit. Tout ce qu'ils ont vécu ensemble les a rapprochés. Leur relation est très intéressante à observer, c'est indéniablement l'un des points forts de la série. Cette union, à la fois logique et vouée à l'échec, est fascinante. On se délecte de les voir se démener avec leur vie personnelle et professionnelle, tout en s'efforçant de ne rien dévoiler à leurs enfants. Comme dans "Dexter", le mensonge est quotidien, c'est une question de survie. Pour discuter à l'abri des oreilles indiscrètes, le couple se sert du sous-sol de leur maison, à la manière de Tony Soprano dans "The Sopranos".

Ce quotidien déjà tendu se complique lorsque Stan Beeman (Noah Emmerich), un agent du FBI chargé du contre-espionnage, emménage à côté de chez eux. S'agit-il d'une effroyable coïncidence ou a-t-il démasqué les deux espions ? Dans le doute, ceux-ci se doivent de faire bonne figure. Les deux familles se rapprochent et, excité par la dangerosité de la situation, Philip va même jusqu'à jouer au squash avec Stan. Ce jeu du chat et de la souris, qui ridiculise quelque peu l'agent du FBI, rappelle la relation exquise de Walter White (Bryan Cranston) et Hank Schrader (Dean Norris) dans la célèbre série "Breaking Bad", ou encore celle de Michael Faraday (Jeff Bridges) et Oliver Lang (Tim Robbins) dans l'excellent thriller "Arlington Road".

The Americans (Saison 1)

Tout comme les films et séries qu'elle nous évoque, "The Americans" est une grande réussite. Cette première saison brille grâce à un scénario maîtrisé, une tension omniprésente et des acteurs talentueux. Pour couronner le tout, elle se conclut sur un final absolument époustouflant qui ravira les amateurs d'adrénaline. Les dernières scènes de l'épisode présagent une deuxième saison dans laquelle Elizabeth et Philip devront faire face à des difficultés croissantes. En effet, outre l'étau policier qui se resserre, leur fille commence à se poser des questions sur leurs absences répétées...

Ma note : 18/20

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